Porto, ruines et voyage insolite

Vous connaissez Porto? On vous fait découvrir la ville sous un angle un peu particulier. Un voyage insolite pour une ville atypique…
4h du mat, lundi matin sur un banc de l’aéroport de Lyon…
Mais qu’est ce qu’on fait là?
On n’aurait pas dû être dans notre lit, comme tout le monde, avant de commencer une journée de boulot? Une nuit en rêvant de notre week-end passé au Portugal, à Porto?
L’apocalypse a t-elle vraiment eu lieu…?

Voyage dans un Porto post apocalyptique

Eglise fermée et décorée à porto, street art

Eglise fermée et peinte dans un quartier populaire de Porto, au bord du Douro

3 jours plus tôt, nous partons en voyage à Porto. C’est vendredi matin, et avec nos petits sacs sur le dos, on part à Porto pour deux jours et demi.

Nous sommes impatients de découvrir un peu du Portugal, pays où nous n’avons encore jamais mis les pieds.
Malgré le peu de temps sur place j’ai encore repéré plein de choses à voir ou faire. Si on faisait tout, ce serait juste un programme de malade. Mais bien sûr le programme sera revu sur place et bien réduit.

L’idée est de visiter plusieurs coins de la ville : le centre historique et touristique bien sûr, mais aussi une pincée de quartiers populaires, un peu moins encombrés, quelques lieux insolites, un zeste de zones abandonnées, de la verdure à tous les coins de rues, et une petite dose de bord de mer.

Nous partons en mode exploration sans peur de nous perdre dans les rues de Porto, pour découvrir ses coins cachés… Tant pis si nous sortons un peu des sentier battus, notre sens de l’orientation sera là pour nous sauver… ou sinon, on l’espère, un Portugais sympa.

Paysage insolite, Porto est en ruine

Vue insolite sur le pont louis

Vue du mirador da Serra do Pilar

Certains – mauvaises langues? – disent encore que Porto est triste et délabré. Peut être. Mais moi, avec mes yeux d’enfant, je dirais que je la trouve pittoresque et atypique, un terrain de jeu où chaque recoin cache un trésor.

En effet, la ville est étonnante, il ne faut pas s’éloigner beaucoup pour rencontrer des bâtiments abandonnées, en ruine, ou presque.
En plein centre ville, au milieu des grands monuments et des jolies petites maisons, entourés par les touristes, s’affichent de-ci de-là des bâtiments à l’abandon, aux portes murées, aux toits effondrés, aux jardins transformés en broussailles. Et les bâtiments encore habités? Ils ne sont pas toujours en bien meilleur état.

Cette ville doit faire le bonheur des adeptes de l’exploration urbaine, Urbex.

Pourquoi y a-t-il tant de ruines à Porto?

street-art-porto-ruine

Art de rue, graffiti et gravas

Mais pourquoi un tel paysage urbain? Je vous donne plusieurs raisons.
Premièrement, la ville, n’ayant pas subi les dégâts de la seconde guerre mondiale, conserve un patrimoine de bâtiments déjà assez anciens. C’est sympa, mais du coup plus trop à la mode, et ça nécessite de l’entretien.
Malheureusement pour ces maisons, le gel des loyers mis en place en 1947 par Salazar et établi pendant des décennies n’a pas poussé les propriétaires, récupérant 80 euros par mois, à rénover leurs biens. On veut bien les comprendre.

De plus des logements ont été créés dans les années 70 en périphérie dans un souhait de déplacer la population dans des complexes de logements sociaux. Dans le centre, la population vieillit, les jeunes préfèrent une maison neuve en banlieue et le centre ville se vide d’année en année.
Crise, changement de politique, les loyers augmentent… le centre continue à se vider, certaines personnes ne pouvant plus payer leur loyer.

Photo bâtiments en ruine, ville de porto

Maison délabrée et bâtiment envahi par les herbes dans le sud de Porto

Cet état de la ville donne une impression étrange. Il semble que les touristes soient là avant l’heure. Comme si la ville n’était pas encore prête à les accueillir, mais que ceux ci n’avaient pas attendu. Comme si elle était à une autre époque, pendant que le monde autour avait évolué trop vite. Mais malgré son look étrange, il est impossible de ne pas voir tout son potentiel touristique.

Usines, écoles, chemin de fer, églises abandonnée à Porto

Archive, vieille usine abandonnée porto 1936

Photo d’archive – usine de Porto en 1936

Usine en ruine du Portugal

La même usine en 2018, des murs en moins, un pont en plus

Mais ne parlons pas seulement des habitations, car au grè de nos balades, nous avons croisé bien d’autres sortes de bâtiments en ruine.
Nous en avons cherché quelques-uns, d’autres nous sont apparus au hasard:

  • Usine thermoélectrique fermée en 1960, impressionnante par sa hauteur, plus rien par contre à l’intérieur il ne reste que les murs,
  • Usine de carbure de calcium fermée dans les années 70,
  • Usine de céramique,
  • Plusieurs églises comme celle de Carvalhinho,
  • Une vieille école, etc…

Nous avons aussi essayé de rejoindre l’ancien chemin de fer, ce qui nous a valu de nombreux essais et allers-retours pour trouver le bon accès, la plupart des chemins étant à un moment ou à un autre bloqués par un mur ou un portail. Heureusement nous avons trouvé un accès mais n’avons pu suivre les rails que sur quelques mètres, à nouveau bloqué par une barrière.
Encore un endroit qui pourrait constituer une promenade très agréable après quelques travaux, en espérant que le site reste public.

L’histoire des ilhas de Porto, les îlots ouvriers

Eglise abandonnée à porto

Eglises et bâtiments désertés, près du fleuve Douro

Parlons maintenant d’une autre particularité de la ville, les Ilhas.

A l’âge de l’industrialisation, la ville est devenue très attractive pour les travailleurs et des quartiers un peu particuliers se sont construits. En effet il a donc fallu construire rapidement des logements compatibles avec des faibles revenus… des appartements modestes, petits, et collés les uns aux autres, pour optimiser la surface constructible. Ce sont les Ilhas. A l’origine les sanitaires étaient partagés entre plusieurs maisons, il n’y avait ni l’eau courante, ni connexion aux égouts de la ville.

Ce type d’aménagement a amené la ville à construire un peu partout dans la ville des fontaines, les « Fontainhas », et des lavoirs publics dont certains sont toujours visibles.
Beaucoup de ces quartiers, insalubres, ont été détruits, mais la ville voit maintenant un intérêt à engager des travaux pour réhabiliter les quartiers restants.

Pour vraiment tous savoir sur l’histoire des Ilhas, leur architecture et leur futur, vous pouvez aller voir le document très instructif d’étudiants de l’école nationale d’architecture de Grenoble.

Voyage dans un Porto vert – Parcs et festivals

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Le parc das Virtudes a Porto

Mais éloignons nous maintenant de ce paysage urbain. J’ai envie de vous faire découvrir autre chose. Porto est aussi très verte!
J’ai été étonnée de voir autant d’espaces verts dans Porto.

Il s’agit en fait d’un ensemble :

  • Des espaces inatteignables mais dont la vue est agréable, comme ceux où les herbes poussent sur des pentes sans bâtiment, trop raides,
  • Des espaces atteignables mais fermés au public pour cause de travaux, ou de propriété privée, dommage mais ça reste tout de même joli à voir, de loin,
  • Des espaces avec des jardins potagers. Oui oui en pleine ville,
  • Et bien sûr des espaces aménagés en vrais parcs ouverts au public!

Nous sommes donc passés de parc en parc. Pour ceux qui ont des noms, on a: 
Le jardin de l’université Cordoaria , le parc das Virtudes, le parc da Quinta da Macieirinha, les jardins of Casa Tait, le Jardim do Morro, le porto city parc.

Pour rejoindre les jardins do Palacio de Cristal, si vous aimez marcher, pensez à prendre les sentiers romantiques (« Os caminhos do romantico »), en partant du bord du fleuve du Douro.

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Carte des Caminhos do Romantico, petite randonnée

Et comme la ville est en réalité bien vivante et que c’est l’été nous sommes tombés sur plusieurs festivals.
Dans le parc de Palacio de Cristal, il y avait un rassemblement de stands « healthy », ça nous a fait une pause midi sympathique.

Mais parce que Porto, je vous le rappelle, reste insolite, nous avons aussi rencontré des gens étranges…

Des chercheurs de Pokemon! Mais il y en avait vraiment partout, donc si vous cherchez un bon spot, vous avez l’astuce, ça doit être là bas.
Et au milieu, une autre sorte de groupe… que j’appellerais des danseursContemporainYogistes.

Puis, dans le grand « city parc », Parque da Cidade, nous sommes tombés sur le comida festival! Autour du vin, du fromage, et du saucisson, avec des scènes de concert.

Conclusion, 4h du mat, lundi matin

Nous avons donc passé notre vendredi, samedi et dimanche matin à nous balader dans cette charmante ville.

Nous avons parcouru beaucoup de quartiers: Miragaia ,Ribeira , Fontaínhas, Noeda, Freixo, Vitória, Vila Nova de Gaia, boavista… 

Apres toutes ces visites, et avec notre mal aux pieds, nous aurions dû être de retour en France le dimanche à 17h. Et pourtant…

4h du mat, lundi matin sur un banc de l’aéroport de Lyon…

Non, point d’apocalypse, point de champs magnétiques perturbants le décollage des avions mais juste une petite boulette.
Un problème de « décalage horaire ». Un décalage qui fait que notre vol attendu sans stress à 15h, a décollé… à 14h… soit l’heure où on est arrivés à l’aéroport! 

Conclusion, on fait le tour des bureaux des compagnies à l’aéroport, et on trouve finalement un vol pour le jour même, mais en passant par Lisbonne. Ajoutons à ça, un retard de la compagnie TAP (« amicalement » surnommée « take another plane ») sur le vol pour Lisbonne, puis encore du retard (toujours la compagnie TAP)  sur le vol allant à Lyon, une arrivée en pleine nuit, et on attend le premier tramway pour le centre ville…

La boucle est bouclée… 4h du mat, lundi matin sur un banc de l’aéroport de Lyon…

— Voyage effectué en début Juillet —

 

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