Cerro Castillo, dernière randonnée en Patagonie

Près de la ville de Coyhaique en Patagonie chilienne, se trouve la réserve nationale du Cerro Castillo. Certains y voient une alternative intéressante à Torres del Paine ou El Chalten pour faire de la randonnée, en particulier pour un trek de plusieurs jours. Ces derniers parcs étant surpeuplés en été.
Montagnes, cascades, glaciers, lacs… Mais aussi pluies, vents et neiges. Encore une aventure. On nous avait parlé du fameux vent de Patagonie mais pour l’instant nous avions été plutôt chanceux.

Dans quel sens faire la randonnée du Cerro Castillo?

carte reserve cerro castillo randonnee

Carte pour la randonnée du Cerro Castillo

Les randonnées les plus courtes partent directement du village de Villa Cerro Castillo. Pour celle de 4 jours que nous souhaitons faire, le chemin officiel part une trentaine de kilomètres au nord de la ville sur la carretera austral et finit environ 7km au sud, sur un chemin de terre secondaire.
Comme nous arrivons de Rio Tranquillo, au sud, nous décidons de faire la marche en sens inverse et de finir ainsi plus au nord, ou nous continuerons notre voyage. Comme nous ne faisons pas de boucle, nous avons toutes nos affaires sur le dos.

Nous avons bien aimé le sens dans lequel nous l’avons fait et l’ordre où nous avons découvert les paysages. Cependant le faire dans le « bon sens » a au moins deux avantages : On garde le plus impressionnant pour la fin, et c’est plus simple (car la montée se fait plus doucement et le marquage est plus adapté).
Pour choisir dans quel sens partir et où s’arrêter dormir, vous pouvez aussi vérifier la météo pour avoir le meilleur temps aux points de vue. Et pour les photographes, vérifiez la position du soleil.

De villa Cerro Castillo au camping Neozelandes?

Pris en stop rapidement par un neerlandaisAustralienSuisseChilien, nous arrivons assez tôt à villa Cerro Castillo et partons en début d’après midi.
Le sentier commence par environ 7 km sur une route de terre. Nous en faisons une bonne partie à pied avant que le propriétaire des champs du coin passe par la et nous emmène avec lui. Nous laissant à l’entrée de sa maison.
Il nous explique qu’il n’y a pas besoin d’aller au bout de la route, qu’en passant par là on peut rejoindre le sentier, c’est un raccourci.

Le problème c’est que l’espagnol on a du mal, le chilien encore plus, et le « chilien vieux paysan du coin » c’est foutu d’avance. Du coup on comprend juste (et encore difficilement), qu’il faut traverser le rrrroyo ( à comprendre « rio », la rivière?), mais après c’est pas très clair.
Voilà comment on se retrouve à devoir sauter par dessus les barbelés entourant un de ces champs pour rejoindre le chemin. Un lièvre nous nargue en passant à toute allure par dessous la barrière. Premier obstacle, ça commence bien.

Le reste de la journée se déroule sans encombre. Temps superbe.
Arrivés au camping, il est vide, mais dans la forêt. Alors on continue un tout petit peu pour pouvoir camper au milieu des montagnes et profiter de la vue.

Du camping Neozelandes au camping El Bosque

cerro castillo randonnee

En randonnée en Patagonie: Arrivée au lac du Cerro Castillo

Comme souvent, on se réveille avec le son de la pluie sur la tente. Dur de se lever.
Avec du beau temps, j’aurais bien continué un peu plus au fond de la vallée. Il y a même la possibilité, bien que le chemin soit absent de la carte de l’office du tourisme, de monter jusqu’à la laguna Duff.

Mais non, nous nous réveillons et réchauffons tranquillement avec notre « Avena ». Nous avons appris la recette de Lia et en avons fait notre nouveau petit déjeuner (céréale Avena avec lait en poudre, et même, chocolat en bonus). Puis nous partons pour la prochaine étape, le Cerro Castillo. En moins de 3 heures, on a de la pluie, du soleil, du vent, quelques arcs-en-ciel, de la grêle, de la neige…
Arrivés dans la partie pierrier de la montée, le vent s’intensifie. C’est aussi là que la grêle commence. La montée devient très difficile. Nous glissons, nous faisons pousser dans n’importe quelle direction par le vent.
Quand…

Le matelas ! Je vois le tapis de sol qui se trouvait attaché à l’arrière du sac à dos de Christophe s’envoler. Je suis clouée au sol par le vent.
Le matelas est stoppé par une pierre. Puis repart et s’arrête sur un des piquets en métal indiquant le chemin. Christophe part à sa rescousse, il n’en est pas loin, mais avec ce vent, pas facile de l’atteindre. Je vois le tapis essayer de se libérer du piquet pendant que Christophe essaie difficilement de s’en rapprocher. D’un coup le tapis s’envole. Il est parti au loin, vers la vallée. J’aurais vu mon premier tapis volant, au Chili, mais nous sommes surtout, une fois encore, privés d’un de nos matelas de camping.
Nous repartons.

J’ai l’impression de tituber. Je tombe, m’accroche aux pierres, avance à moitié couchée par terre, utilisant autant mes mains que mes pieds. Au moins sur les grosses pierres on peut s’accrocher. Lorsqu’on se retrouve sur des gravillons, j’ai l’impression qu’on recule.
Parfois, nous devons nous arrêter et nous baisser, en attendant que le vent se calme un peu avant de pouvoir continuer.

Lorsque le vent s’arrête presque, on accélère essayant de gagner du terrain. Jusqu’à ce que celui ci reparte de plus belle. Nous croisons deux groupes de deux personnes descendant. Ils nous indiquent que plus haut le vent est aussi fort. Une des filles s’est fait emporter son protège sac par le vent.
On hésite à faire demi tour. Mais je suis persuadée que nous avons fait plus de la moitié de la montée. Et tout refaire en sens inverse ne m’enchante guère. On continue donc, le vent et la grêle nous frappant le visage, il est difficile de regarder plus loin que quelques mètres devant soi. Nous essayons tout de même de repérer les cairns ou les piquets indiquant le bon chemin.

Enfin nous atteignons le sommet et le vent bien que toujours là se calme. La vue sur le Cerro Castillo son lac et son glacier est magnifique et je suis heureuse d’être arrivée jusqu’en haut. Nous souhaitons bon courage au couple croisé ici et qui se demande à quoi ressemble la suite du chemin. En haut, le ciel se dégage à nouveau, le temps pour nous d’admirer la vue.
Nous pourrions camper ici, à coté du Cerro Castillo, comme initialement prévu. L’avantage c’est que nous aurions pu profiter de la vue demain matin. Et vous auriez pu avoir des photos sans contre jour !
Mais en faisant quelques kilomètres de plus nous serons moins haut en altitude et donc sûrement plus au chaud et plus protégé du vent pour la nuit. Le choix et vite fait nous dormirons au camping El Bosque.

Du camping El Bosque au « primer puesto de verano »

Le beau temps s’est maintenu et nous nous réveillons avec le soleil. La journée commence tranquillement dans la forêt. Mais bien sûr comme il nous faut du challenge tous les jours, on finit par se perdre. On arrive en effet dans une vallée de pierres et le chemin n’est plus très évident.

A gauche un glacier, en face des éboulis. A droite ? Ça à l’air plus faisable. En plus il y a un cairn dans cette direction. On prend donc un chemin, qui n’est certainement pas un chemin, et alors qu’une partie de l’équipe s’obstine un peu (si on continue par là , on peut atteindre le sommet), l’autre (la voix de la raison) estime qu’il faut mieux redescendre chercher les cairns. On a du louper quelque chose.
Nous redescendons en suivant des traces de pas de « bouquetin » ou de « Huemul » ou une autre bestiole du genre.

paso penon cerro castillo

Mais où est le col Peñon ?

Après ce petit détour pour nous remettre en forme, on retrouve des cairns, il faut continuer dans la vallée en suivant la rivière. On a vraiment l’impression d’aller droit dans un mur. Pourtant c’est bien là et il faut alors monter dans la caillasse. Nous passons le col Peñon et redescendons de l’autre côté pour s’arrêter au deuxième camping croisé, en face de la cabane de la CONAF(« rangers » locaux).
Nous nous rendons compte que le marquage est clairement plus facile à suivre quand on vient de l’autre côté.

Lorsqu’on parle de camping en randonnée dans une réserve de Patagonie, il s’agit en général d’un endroit prévu pour ça mais peu aménagé. Sur les camping de cette randonnée on trouve tout de même une table en bois et une cabane toilettes sèches. Comme il y a 20 fois moins de monde qu’à el Chalten c’est bien suffisant.

Redescente jusqu’à la route

Nous n’avions vu personne de la CONAF à l’entrée de la randonnée. Toujours personne ici à la cabane de la CONAF. Ils ne veulent vraiment pas faire payer l’entrée aux randonneurs on dirait… On ne va pas râler.
Une carte du parc est affichée. Je vois que le sentier « rio Turbio » permet en fait de traverser le parc jusqu’au « lago la paloma ». Ça aurait pu être sympa à tenter.
Pour cette dernière journée de marche nous suivons un chemin de voiture/vaches/chevaux. Nous évitons la boue, traversons 2-3 rivières, croisons un certain nombre de vaches et les quelques fermes qui vont avec, passons une dernière cabane vide de la CONAF.
C’est fatigués, mais contents de cette randonnée, que nous arrivons à la route.

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